Fake news

Non, Macron ne va pas donner l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne

France
Contrairement à ce qu'affirme le député européen Bernard Monot, Emmanuel Macron n'a pas l'intention de céder l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne.
© EMMANUEL DUNAND / AFP

Le traité d'Aix-la-Chapelle, qui sera signé le 22 janvier par Emmanuel Macron et Angela Merkel, est-il une "reddition de la France à l'Allemagne" et un moyen de lui donner l'Alsace et la Lorraine ? Nous allons voir que ce n'est pas le cas.

Plus c'est gros, plus ça passe. Depuis quelques jours, plusieurs sympathisants d'extrême-droite, des conspirationnistes et quelques groupes de gilets jaunes ont partagé une information alarmante selon laquelle l'Alsace et la Lorraine allaient quitter le "giron du territoire national". Pire, l'Alsace abandonnerait le français et l'allemand deviendrait la "langue administrative". Et tout ça serait fait dans le dos des Français, alors que l'on vient de célébrer le centenaire de la fin de la Grande Guerre.

Vous trouvez ça peu crédible ? C'est normal, c'est complètement faux. Explication point par point.

QUI A LANCÉ CETTE FAUSSE INFORMATION ?
Il y a quelques jours, le député européen Bernard Monot (ex-FN ayant rallié Debout la France en 2018) publiait une vidéo appelée "Le Traité d'Aix-la-Chapelle : nouvelle trahison de la nation" dans laquelle il explique qu'Emmanuel Macron "tel un Judas, va livrer l'Alsace et la Lorraine à une puissance étrangère." Une "haute trahison" assène-t-il, affirmant même que l'allemand allait devenir la "langue administrative" en Alsace. Sa vidéo a depuis été retirée de sa chaîne Youtube.

© Impression écran de la vidéo de Bernard Monot

QU'EST-CE QUE LE TRAITÉ D'AIX-LA-CHAPELLE ?
Le 22 janvier, Emmanuel Macron et Angela Merkel vont bien signer un nouveau traité d'Aix-la-Chapelle, 56 ans après le traité de l'Élysée qui avait scellé l'amitié franco-allemande.

QUE PRÉVOIT-IL ?
Comme nous avons pu le constater dans le document, partagé par Contexte, il n'est pas question de faire passer l'Alsace et la Lorraine sous la houlette allemande. En revanche, les deux pays espèrent "faire converger leurs économies et leurs modèles sociaux, favoriser la diversité culturelle et rapprocher leurs sociétés et leurs citoyens".

Concrètement, cela passera par de plus nombreux échanges et accords passés avant de prendre des décisions, notamment en termes économiques, politiques ou sécuritaires. La France et l'Allemagne souhaitent renforcer "la coopération entre leurs forces armées" et leurs efforts "en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée". Les gouvernements se rencontreront au moins une fois par an et un ministre sera détaché, une fois par trimestre, pour assister au conseil des ministres de l'autre État.

Côté éducation, les échanges scolaires devraient être encore plus soutenus. Les jeunes des deux pays devraient aussi être incités à apprendre la langue du pays voisin. "Les deux États sont attachés à l’objectif du bilinguisme dans les territoires frontaliers". Il n'est donc nullement question d'abandonner le français pour l'allemand (ou l'inverse).

Au registre du quotidien, les deux Etats veulent faciliter la mobilité transfrontalière "en améliorant l'interconnexion des réseaux numériques et physiques entre elles, notamment les liaisons ferroviaires et routières".

Mais est-ce un accord préparé dans le dos des Français ? Certainement pas. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont annoncé ce traité il y a un an. La nouvelle est aujourd'hui disponible sur le site de l'Élysée et plusieurs médias en ont fait l'écho ces derniers jours, avant que la fake news ne prenne de l'ampleur. Par ailleurs, le texte est jugé peu ambitieux par rapport aux grandes avancées des années 60, qu'il complète.

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