Excès de vitesse

L'avocat d'un chauffeur pressé met en doute les mesures de la police

Luxembourg

Un chauffeur a été flashé à trois reprises par une voiture banalisée sur l'A4, les vitesses mesurées ont été discutées au tribunal.

Un homme de 28 ans est jugé pour excès de vitesse au tribunal de Luxembourg-Ville. En août 2016, sa vitesse a été contrôlée à trois reprises à quelques kilomètres d'intervalle sur l'A4 en direction d'Esch-sur-Alzette.

La première fois, sa vitesse a été mesurée à 148 km/h au lieu de 90, ensuite 163 km/h au lieu de 130 et enfin 177 km/h au lieu de 70. L'avocat de l'individu a remis en question la fiabilité des mesures vendredi.

D'après le responsable de l'appareil à laser "Traffipatrol", celui-ci est conçu pour des contrôles statiques, selon Me Keipes pendant son plaidoyer. Il est possible d'effectuer des contrôles depuis une voiture en mouvement, mais le résultat ne serait que relatif. De plus, afin d'effectuer des mesures correctes, l'appareil doit être relié au compteur de la voiture utilisée par les forces de l'ordre. C'est le cas en Allemagne, mais pas au Luxembourg. Un problème connu mais qui n'a jamais été résolu.

L'avocat du prévenu trouve anormal le fait que son client ait été suivi sur 5 kilomètres sur l'autoroute, après que la première infraction à du 163 à l'heure a été constatée. Les preuves étant irrégulières, l'avocat du jeune homme a demandé son acquittement.

Le policier ayant effectué les différentes mesures, a noté une vitesse réelle de 177 km/h et son collègue qui conduisait a constaté que le compteur indiquait 190 km/h. Le "Traffipatrol" ne mesure que la vitesse du véhicule dans lequel il se trouve: la vitesse d'un autre véhicule ne peut donc pas être mesurée de cette manière.

Le prévenu n'a pas nié le fait d'avoir roulé trop vite mais refuse d'accepter les excès de vitesse qui lui sont reprochés.

Selon le représentant du Parquet, tout est mis en œuvre pour essayer d'oublier que le prévenu était en excès de vitesse à trois reprises. Pour l'inspection générale de la police, la procédure a été respectée et aucun élément illégal n'est à souligner. Il s'agit donc bien de trois infractions dont deux délits de grande vitesse.

La gravité des faits a donc poussé le Parquet à réclamer une amende ainsi qu'un retrait de permis de 18 mois, avec sursis. Le jugement sera prononcé le 5 février.