Histoire rocambolesque

Évasion d'une princesse de Dubaï: un français libéré... Au Luxembourg

Luxembourg
© RTL

Un français détenu jusqu'ici à la prison de Schrassig pour avoir participé à une tentative d'évasion d'une princesse de Dubaï vient d'être libéré. On vous résume cette histoire rocambolesque.

Le 24 février 2018, Latifa, une des filles du cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum de Dubaï, tente de fuir la ville, qui est aussi un émirat. Sa raison: son père l'aurait "torturée" et "emprisonnée".

Lors de sa tentative, qui a échoué, elle reçoit l'aide de trois personnes: deux Français et une professeure de capoeira finlandaise. 

La princesse Latifa, dans une vidéo publiée sur Youtube. © Impression écran Youtube

ARRESTATION PAR L'INDE, INSTALLATIONS SECRÈTES...
La fuite de la princesse Latifa al-Maktoum démarre à Dubaï et se conclut au large d'Oman, dans les eaux internationales, dans la nuit du 4 au 5 mars, sur le bateau d'un des deux Français, Hervé Haubert, 62 ans.

"Nous avons été attaqués de façon militaire par les garde-côtes indiens, qui nous ont ensuite remis à des Émiratis présents" affirme ce sexagénaire qui se présente comme un ancien agent du contre-espionnage français, une informations non confirmée.

Mme Tiina Jauhiainen, la professeure, se souvient qu'au milieu des assaillants "tout de noir vêtus, munis de mitraillettes et pointeurs laser", "Latifa criait inlassablement qu'elle voulait l'asile diplomatique et suppliait de ne pas être ramenée dans son pays".

La princesse est finalement "ramenée" à Dubaï, qui dénonce l'exploitation d'une "affaire privée" par une "bande d'escrocs". Il faut dire qu'Hervé, le Français de 62 ans, traîne un passé tumultueux: dans un livre paru en 2009, il raconte comment il s'est lui aussi échappé de Dubaï, à la nage, après avoir été accusé de malversations financières.

Pour ne rien simplifier, Dubaï vise également le Qatar, avec qui les relations sont compliquées.

Le cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum, père de la princesse Latifa, à une course de chevaux en 2005. © AFP
La professeure finlandaise, un temps en détention dans ce qu'elle appelle des installations secrètes, raconte: "Ils voulaient nous faire avouer que c'était un kidnapping, car selon leur définition, islamique, la femme même majeure ne peut pas donner son consentement, elle reste sous la responsabilité de son père."

Le Français Hervé explique que c'est la princesse qui l'aurait contacté après avoir lu son livre, où il narre sa fuite de Dubaï. Lui et Tiina sont finalement expulsés les 20 et 22 mars.

UN COMPLICE FRANÇAIS EMPRISONNÉ AU LUXEMBOURG
Une vue de Dubaï et du Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, en mars 2018. © AFP
Le troisième individu, Christian, un Français de 40 ans qui faisait partie de la tentative de fuite, a lui été arrêté au Luxembourg. Ami de la professeure finlandaise, il résidait à Oman et a été accusé d'y avoir "facilité l'entrée et la sortie" de la princesse Latifa.

Condamné à de la prison avec sursis, il est expulsé début avril. Mais à peine arrivé au Grand-Duché où vit sa famille, il est de nouveau arrêté, car il fait l'objet d'une "notice rouge" d'Interpol (recherche pour arrestation en vue d'extradition) à la demande des Emirats arabes unis. Cette notice, consultée par l'AFP précise qu'il est recherché pour "enlèvement", passible d'un emprisonnement à vie.

Depuis le 6 avril et jusqu'à aujourd'hui, il était détenu à la prison de Schrassig, attendant sa possible extradition. Une demande des Emirats arabes unis qui n'est jamais arrivée et pour cause: son signalement avait été effacé de leur liste des personnes recherchées depuis le 8 mai. Et ce, sans avertir le Luxembourg, qui a donc gardé le prisonnier pendant huit jours alors qu'il n'était plus recherché.

Ce n'est qu'après avoir constaté qu'il n'y avait plus lieu de le retenir que le Parquet a donc libéré ce Français, qui, faute de demande d'extradition reçue à temps, aurait de toute façon été laissé libre le 21 mai.

RTL avec AFP