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Coup de pompe du diesel : le "Luxembourg creuse son retard"

Luxembourg
© afp

En 2018, il s’est immatriculé pour la première fois plus de véhicules essence que diesel au Luxembourg! Le début de la fin pour ce carburant, estime un expert.

Au pays de l’auto-reine, le roi s’est longtemps appelé diesel. En 2015 encore, plus de deux tiers des nouvelles immatriculations carburaient au diesel! Avec la France, le Luxembourg est en effet l’un des plus gros consommateurs de ce carburant synonyme de grosses berlines et d’économies à la pompe…

Pourtant, il n’aura fallu que trois petites années pour que le roi rende sa couronne, et que l’essence monte sur le trône! 2018 est en effet la première année, depuis ce début de siècle, où les nouvelles immatriculations en essence (48,9% des immatriculations) supplantent celles de diesel (46,9%).



Pour l'ingénieur luxembourgeois Michel Cames, qui se passionne pour ces questions énergétiques, "Le dieselgate, en 2015, a  bien entendu marqué les esprits. Mais en plus du scandale sur la pollution, je pense que les gens commencent à fuir le diesel car ils se disent qu'il sera bientôt plus compliqué de revendre ce type de voiture."

EFFONDREMENT EN EUROPE?
Dans ses  "Perspectives mondiales pour l'automobile", le cabinet de conseil AlixPartners prédit un effondrement des ventes de voitures diesel neuves en Europe à 5% en 2030. Même la France, qui a défendu mordicus le diesel pendant des décennies, fait machine arrière, à l'image de Paris qui compte interdire le carburant d'ici 2024...

Pendant ce temps, "le Luxembourg est en train de creuser son retard avec les autres pays. Ailleurs en Europe, c'est le début de la fin, les autres pays sont déjà à 30% ou moins de diesel" estime Michel Cames.

Politiquement, le diesel est un sujet délicat au Luxembourg. Déjà en 2017, le ministre vert François Bausch refusait d'envisager une interdiction du carburant, même "à l'horizon 2035". L'accord de coalition du nouveau gouvernement prévoit que "l’imposition des produits pétroliers (carburants et mazout) sera adaptée dans le but d’atteindre les objectifs souscrits par le Luxembourg dans le cadre des Accords de Paris." Mais fin décembre, le ministre de l'Énergie, Claude Turmes, évoquait une timide hausse de "un, deux, voire trois centimes [par litres, ndlr] au maximum".

PAS TOUCHE AU TOURISME À LA POMPE
Pour Michel Cames, c'est trop peu. "Le gouvernement ne veut pas renoncer à son "bonus diesel", c’est-à-dire au bonus d’impôt de 15 cents/litres par rapport à l’essence", qui rend le diesel plus attractif que l'essence "et remplit les caisses de l'État grâce au tourisme à la pompe. Donc il faudrait augmenter de plus de 15 centimes du litre le prix du diesel, sans toucher à l'essence, pour commencer à avoir un impact."

Quant à la question environnemental, Michel Cames, s'il admet volontiers que les "nouveaux moteurs diesel sont devenus bien plus propres, et offrent toujours un meilleur rendement que l'essence", il cite une étude (voir ci-dessous) qui affirme qu'une voiture diesel "produit plus de CO2 qu'une essence si on tient compte de son cycle de vie complet, depuis la production".



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