Tribunal de Diekirch

Un homme poursuivi pour tentative de meurtre : il avait mis le feu à sa compagne

Luxembourg
© AFP

Un homme de 55 ans est poursuivi pour avoir versé de l'essence sur le visage et les bras de sa compagne et avoir mis le feu. Le drame s'était déroulé en janvier 2017 à Goebelsmühle.

"J'étais furieux contre elle ! J'avais fait la cuisine, mais elle ne voulait pas manger. En plus il y avait les médicaments et l'alcool !“: voilà ce qu'a déclaré jeudi au Tribunal de Diekirch cet homme poursuivi pour tentative de meurtre. Il lui est reproché d'avoir versé de l'essence sur le visage et les bras de sa compagne, alors âgée de 31 ans, et d'avoir approché un briquet d'elle.

La jeune femme avait été brûlée, mais l'accusé avait éteint les flammes. La question de la préméditation se pose toutefois, car la victime a déclaré qu'environ trois mois auparavant, l'homme avait menacé de la tuer.

QUATRE LITRES DE BIERE PAR JOUR PLUS DE L'EAU-DE-VIE
Pour le représentant du Parquet, il y a bien préméditation, mais seulement pour coups et blessures volontaires. L'accusé a certes versé de l'essence sur la femme et y a mis le feu, mais il a aussi montré une réaction en tentant de remédier aux conséquences de son acte. En vertu de cela, le Parquet a requis en plus d'une amende, 8 ans de prison, dont une partie avec sursis probatoire, ainsi que les contraintes judiciaires d'un suivi psychiatrique et du renoncement à l'alcool. L'accusé a en effet un grave problème d'alcoolisme, comme l'a dit un psychiatre. Il a bien tenté de suivre des thérapies, mais il n'a pas réussi à maîtriser son addiction à l'alcool. L'homme a été jusqu'à boire 4 litres de bière par jour plus de l'eau-de-vie et ce, tout en prenant des médicaments.

Au moment des faits, il avait près de deux grammes d'alcool dans le sang. Mais il n'aurait pas été totalement irresponsable de ses actes, selon l'expert, qui recommande une thérapie.

SOBRE EN PRISON
Un médecin légiste a expliqué que la victime avait été brûlée au visage et au bras droit. 12% de son corps avaient été brûlés, mais les blessures n'étaient pas mortelles.

L'accusé, qui avait rencontré la victime lors d'une thérapie, a reconnu lui avoir donné une raclée en octobre 2016, mais il a nié avoir menacé de la brûler. En janvier 2017, il avait effectivement mis le feu à sa compagne, mais il était rapidement allé chercher une couverture pour éteindre les flammes. Et il lui avait posé une serviette humide sur le visage. Il était désolé et depuis qu'il était en prison, c'est-à-dire depuis 21 mois, il n'avait plus bu d'alcool.

Après que Maître Lopes Goncalves, l'avocat de la victime, ait demandé 100.000 euros de dommages et intérêts pour sa cliente, Maître Marc Becker, l'avocat de la défense a souligné que son client n'avait pas planifié cette action et qu'il avait éteint les flammes. Il n'avait pas voulu tuer la victime : seuls les coups et blessures volontaires devaient être retenus à son encontre, sans préméditation.

Le Tribunal rendra son verdict le 22 novembre.