Huit moments marquants de la législature

Des radars au référendum, du stick USB à Maggy Nagel

Luxembourg

Une coalition à trois, c'était une première pour le Grand-Duché. Il y a eu des hauts et des bas, comme dans toute législature. En voici quelques moments marquants.

1. L'AFFAIRE DU VEHICULE DE FONCTION
Cette affaire éclate en janvier 2014, aux premiers temps de la coalition, quand le public apprend que la secrétaire d'Etat Francine Closener est partie en vacances de ski à bord de son véhicule de fonction muni de plaques CD. La nouvelle suscite l'émoi, les réactions sont très vives et très négatives.

Dans cette affaire, en fait, Francine Closener n'avait pas enfreint le code de déontologie et le Premier ministre avait renvoyé de bon droit à une "pratique courante". Ce qui explique probablement les réactions très mesurées d'ex-membres du gouvernement à l'affaire Closener. Il semble que selon des informations RTL de l'époque, d'autres ministres, dont des CSV, aient utilisé leur voiture de fonction pour partir en vacances.

Peu après, une nouvelle circulaire était sortie pour interdire que des plaques CD soient montées sur les véhicules dans de tels cas ...

2. UN PAQUET POUR L'AVENIR
L'une des premières actions de l'exécutif a été de prendre des mesures d'économie présentées comme un "paquet pour l'avenir" au pays. Celles qui concernaient la politique familiale ont suscité le tollé : suppressions de l'allocation d'éducation et de l'allocation de maternité. Les réactions de l'opposition ont été vives et les commentaires nombreux.

Le paquet pour l'avenir devait donner un avenir au pays et à la coalition. Et finalement, l'économie s'est relancée et le gouvernement a pu annoncer des réductions d'impôts, qui sont évidemment arrivées au bon moment : en fin de législature ...



Dans le contexte des mesures d'économie, il avait aussi été un temps question de vendre une toile de Picasso. Maître Vogel avait aussitôt hurlé qu'il vivait au "pays des demeurés" ... Aujourd'hui, l'Etat est toujours propriétaire du "Paysage de Cannes au crépuscule", pour lequel aucune offre satisfaisante n'avait été proposée. 

3. REFERENDUM
Autre moment mémorable de cette législature : le référendum du 7 juin 2015 et son issue incontestable : un grand "NON". La réponse des citoyens luxembourgeois aux trois questions posées par le gouvernement a été on ne peut plus claire :

 - 80,87 % contre le droit de vote dès 16 ans
 - 78,02 % contre le droit de vote aux législatives pour les résidents non-luxembourgeois
 - 69,93 % contre la limitation de la durée des mandats ministériels.

Il faut noter que dans aucune commune, le "oui" ne l'a emporté à au moins une question.



4. RADARS ET TRAM
Les radars sont là (et ils flashent) et le tram circule (au moins entre le Kirchberg et la Place de l'Etoile).

Le tramway semble prendre la voie du modèle de réussite, mais il n'en a pas toujours été ainsi et il était loin de faire l'unanimité dans tous les partis. Quant aux radars, il aura fallu un certain courage politique aux ministres de la coalition pour les imposer.

5. REMANIEMENT
En 2015, le gouvernement connaît un remaniement : une femme est remplacée par deux hommes. La ministre de la Culture, Maggy Nagel cède la place à Xavier Bettel et à Guy Arendt. Deux actions malheureuses avaient poussé Maggy Nagel vers la sortie, alors qu'elle avait été élue haut la main dans l'Est, mais le désamour avait rapidement surgi.



A propos d'une plaisanterie sur le Luxembourg d'un comique américain, la toujours ministre à l'époque, s'était déclarée "not amused" et avait souhaité que le sujet soit abordé au conseil de gouvernement, c'est-à-dire en faire une quasi affaire d'Etat ... Xavier Bettel s'était contenté d'inviter John Oliver au Luxembourg ...

Et puis il y avait eu la facture de restaurant pour le "Fierkel um Spiiss" (le porcelet à la broche) que Maggy Nagel et son compagnon n'avait pas voulu régler dans son intégralité, parce qu'ils n'étaient pas satisfaits ... mais qui sera finalement payée après quelques atermoiements. L'affaire sera cependant rendue publique ...

C'était trop tant au niveau politique qu'au niveau culture et les sondages ont commencé a chuté ... Maggy Nagel a finalement quitté le ministère pour un poste de Premier Conseiller au ministère de l'Economie. Elle est aujourd'hui responsable de la préparation de l'Exposition mondiale 2020 à Dubaï.



6. LE BUDGET SUR UN STICK USB
En 2014, quand le ministre des Finances avait présenté à la Chambre le budget 2015, il en avait fourni l'intégralité aux députés sur un stick USB. Le mot d'ordre était : moins de papier pour réduire les coûts. Le CSV s'en était inquiété et s'était demandé s'il était bien légal que le budget ne soit pas imprimé sur papier. Par précaution, des copies- papier avaient été apportées à la Chambre.



Par la suite, les budgets ont continué à être présentés sur des sticks USB.

7. MARIAGES POUR TOUS
En matière de politique sociétale, la coalition à trois souhaitait catapulter le Grand-Duché dans une nouvelle ère et elle a immédiatement frappé un grand coup. En juin 2014 était votée la réforme la plus fondamentale du mariage depuis le code Napoléon - à une majorité impressionnante, comme si la Chambre, y compris le CSV, n'avait attendu que cela.

Depuis le 1er janvier 2015 deux personnes de même sexe peuvent donc se marier au Luxembourg. Et le droit à l'adoption a également été ouvert aux couples homosexuels.

Parmi ceux à avoir profité de la nouvelle loi, il y a le Premier ministre et le Vice-Premier ministre. Xavier Bettel et Gauthier Destenay se sont dit "oui" le 15 mai 2015.

GALERIE-PHOTOS : Impressions du mariage du Premier ministre.

© Olidom Multimedia


L'année suivante, en novembre 2016, Etienne Schneider et Jérôme Domange se sont mariés à la mairie de Luxembourg.


Dîner de gala à Paris


8. LUXLEAKS
Le scandale éclate le 11 novembre 2014. Les responsables politiques avaient été prévenus, des réactions leur avaient été demandées au préalable. Ils étaient donc un peu préparés aux révélations d'un consortium international de journalistes d'investigation. Elles dévoilent un système de tax rulings négociés par les filiales luxembourgeoises de cabinets d’audit avec l'Administration luxembourgeoise des contributions afin que leurs gros clients, des multinationales, puissent bénéficier de la meilleure optimisation fiscale.

Quatre ministres - le Premier ministre, Xavier Bettel, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, le ministre de l'Economie, Etienne Schneider et le ministre de la Justice, Felix Braz - sont alors envoyés au charbon pour expliquer, justifier, défendre et aussi un peu excuser ... un système qu'ils n'avaient fait que perpétuer et qu'ils avaient hérité de leurs prédécesseurs. Jean-Claude Juncker sera aussi éclaboussé. Pour rappel, le Président de la Commission européenne avait été ministre luxembourgeois des Finances de 1989 à 2009. Le poste avait ensuite été occupé par Luc Frieden de 2009 à 2013.

Ils se sont expliqués : le Premier ministre, Xavier Bettel, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, le ministre de l'Economie, Etienne Schneider et le ministre de la Justice, Felix Braz (de gauche à droite).© RTL-Archiv (Max Theis)


Plus tard, il y eut encore les Panama Papers. Dans ce scandale aussi, des noms luxembourgeois ont été cités ...

Depuis, le Grand-Duché ne figure plus sur aucune liste grise ou noire, ce qui n'empêche pas qu'il soit toujours considéré comme un paradis fiscal.

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