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Après les tensions dans le hall 6 de la Luxexpo

La structure n'avait pas été pensée pour de longs séjours

Luxembourg

A la fin du mois, la Croix-Rouge mettra un terme à son travail au hall 6. C'est le temps du bilan.

Au départ, les demandeurs d'asile devaient seulement être accueillis à la Luxexpo avant d'être relogés dans les 48 heures. Cette idée du primo-accueil, Gilles Dhamen de la Croix-Rouge, continue aujourd'hui encore à la trouver extrêmement bonne. Mais les mois passant, tellement de réfugiés sont arrivés et comme il manquait d'autres structures,  l'idée de départ n'a pas pu s'appliquer dans la durée. 

A certains moments, le moyenne de 48 heures n'a valu que pour les personnes vulnérables. A d'autres moments, la moyenne a été de 3 mois, Dans des situations exceptionnelles, des gens y ont été logés pendant 6 mois. 

Les infrastructures dans le hall 6 et le contrat n'avaient au départ été pensés que pour 6 mois.

Depuis l'ouverture en octobre 2015, 4.220 demandeurs d'asile de 74 nationalités différentes sont passés par la Luxexpo. En général, le hall était occupé par 180 à 200 personnes. Ils étaient encadrés par 3 à 5 collaborateurs de la Croix-Rouge, qui étaient ponctuellement soutenus par des bénévoles. A la fin, ces derniers étaient toutefois moins nombreux. 

Héberger de nombreuses personnes pendant une longue période dans un lieu exigu, cela conduit à des tensions, reconnaît Gilles Dhamen. Il y a eu des problèmes de violence et une suspicion d'incendie volontaire. La police a dû intervenir dans le hall.  

Oui, cela a été un centre avec des tensions, les infrastructures n'étaient pas appropriées à des séjours de longue durée. Et il est peut-être arrivé que soient logées là des populations qui n'auraient pas dû être logées ensemble, ce qui a conduit à des tensions. Mais les solutions manquaient. 

Les infrastructures n'avaient été pensées que pour des séjours brefs et pour moins de monde. Selon nos informations, les fusibles ont régulièrement sauté, des canalisations sanitaires ont été fissurées par le froid et des machines à laver ainsi que des toilettes ont été cassées.

Gilles Dhamen : "Les sanitaires doivent être refaits, cette structure avait été pensée à titre très provisoire." Il n'avait pas été prévu que des gens y restent plus longtemps. 

Mais on était dans l'urgence totale, a souligné Gilles Dhamen, qui a plusieurs fois répété dans l'interview qu'il n'y avait pas eu d'autre possibilité. 

Dans la nouvelle structure, la Croix-Rouge n'intervient plus que ponctuellement, mais reste à disposition en cas de besoin.