En 2019

Gilets jaunes: la hausse des taxes sur les carburants annulée

France
Un manifestant portant un masque "Guy Fawkes" fait un signe de victoire devant une barricade en feu le 1er décembre à Paris.
© Abdulmonam EASSA / AFP

La hausse des taxes sur les carburants n'est pas "suspendue" mais bien "annulée". L'annonce a été faite mercredi soir.

L'exécutif a tenté un geste fort mercredi soir, à trois jours d'une mobilisation à haut risque des "gilets jaunes", en renonçant "pour l'année 2019" aux augmentations de taxes sur les carburants.

Les hausses de ces taxes prévues pour le 1er janvier sont "annulées pour l'année 2019", a affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

"Le président (Emmanuel Macron) je l'ai eu au téléphone il y a quelques minutes", a assuré le ministre lors d'un débat avec des "gilets jaunes" sur BFMTV. Il m'a dit: "Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait c'est une suspension mais hop, ça reviendra après".

"Le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le budget 2019 soit supprimée. Le débat citoyen et parlementaire des semaines et des mois à venir devra permettre de trouver les solutions et les financements qui répondront aux enjeux de la transition écologique, solutions qui devront préserver le pouvoir d'achat de nos concitoyens", a expliqué ensuite l'Elysée.

"Dont acte", a réagi rapidement sur Twitter Marine Le Pen. Selon la président du Rassemblement national, "le Président doit à tout prix s'engager sur l'honneur à ne pas rétablir cette hausse de taxes dans le budget rectificatif au printemps".



L'annonce est intervenue à la fin d'une journée marquée par la très forte inquiétude de l'exécutif face à une mobilisation jugée toujours plus "incontrôlable" et "insaisissable", selon les mots du Premier ministre Edouard Philippe.

"Nous avons des raisons de redouter une très grande violence" samedi, a déclaré l'Elysée, alors que se multiplient les appels à une nouvelle mobilisation des "gilets jaunes" partout en France.

Emmanuel Macron a demandé lors du Conseil des ministres "aux forces politiques et syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme", a rapporté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

"Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions. Je lance ici un appel à la responsabilité", a dit pour sa part Édouard Philippe lors d'un discours devant l'Assemblée.

"Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes et citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté.

Édouard Philippe a soumis aux députés dans l'après-midi une déclaration défendant ses annonces d'un abandon dans le budget 2019 de la hausse de la taxe carbone, d'un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver, et du renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l'été, toutes mesures répondant à des demandes des "gilets jaunes".