Carburant, contrôle technique, électricité...

Les annonces d'Edouard Philippe aux gilets jaunes

France

Le Premier ministre français a annoncé plusieurs mesures économiques pour répondre à la crise des gilets jaunes.

"Cette colère, il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas la voir ou l'entendre." Après avoir essuyé trois manifestations d'envergure entachées de plusieurs scènes de violence et de destruction de biens, notamment à Paris mais aussi en région, le gouvernement français vient d'annoncer une série de mesures censées apaiser les revendications des "gilets jaunes".

"Les Français qui ont enfilé un gilet jaune aiment leur pays. Ils veulent que les impôts baissent et que le travail paie. C'est aussi ce que nous voulons" a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe ce midi. "Mais aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation" a-t-il ajouté, avant de rappeler que quatre personnes sont mortes lors des manifestations.

CONTRÔLE TECHNIQUE, CARBURANT, ÉNERGIE...
Dans "un souci d'apaisement", Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont décidé d'un moratoire équivalant à une suspension pour six mois de:
  • la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel,
  • la convergence des prix essence/diesel,
  • pour les professionnels, l'alignement sur la fiscalité des particuliers de la fiscalité du gazole des entrepreneurs non-routiers.
"Elles ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes" a assuré le Premier ministre. En six mois, le gouvernement s'est fixé pour objectif de trouver des "mesures d'accompagnement justes et efficaces". Si elles ne sont pas trouvées, le gouvernement en tirera les "conséquences".



Autre mesure gelée pour six mois, celle du renforcement du contrôle technique, qui devait le complexifier et le rendre plus cher. Enfin concernant l'énergie, les tarifs de l'électricité et du gaz n'augmenteront pas durant cette concertation de six mois. Cette dernière mesure pourrait être plus problématique puisqu'en 2016, le Conseil d'Etat avait obligé les Français à compenser une hausse des tarifs de l'énergie qui avait été atténuée pendant le quinquennat de François Hollande.

Les Français ne veulent ni hausse d'impôt ni nouvelle taxe, a noté le Premier ministre. Il a toutefois affirmé que "si les impôts baissent, il faudra que les dépenses baissent". Les critères européens et la dette du pays, qui flirte avec les 100% du PIB, limitent les marges de manoeuvre de la France.

Le gouvernement espère maintenant que ses décisions ramènent "l'apaisement et la sérénité dans le pays". Ce nouveau dialogue sur les préoccupations des Français les moins bien lotis qui doit laisser une part de mouvement pour assurer la transition écologique et permettre de ramener plus de présence des services publics dans les régions rurales.

En cas de nouvelles manifestations ce week-end, le Premier ministre a appelé à ce qu'elles se déroulent "dans le calme" et promis un encadrement renforcé afin d'éviter de nouvelles scènes de violence, comme ce fut le cas place de l'Étoile ce samedi.