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Le dangereux "Momo Challenge" est arrivé au Luxembourg

Luxembourg
© Capture d'écran

Le challenge malsain qui circule sur Whatsapp est bel et bien arrivé au Grand-Duché. On fait le point.

Nous vous en parlions hier, le "Momo Challenge" est un défi qui, d'après la presse étrangère, aurait déjà été à l'origine du suicide d'une jeune fille en Argentine.

Destiné à effrayer les ados et les enfants influençables, ce challenge consiste à ajouter un numéro japonais sur l'application Whatsapp pour ensuite se confronter à ses tentatives d'intimidation et à ses menaces. 

Le contact en question envoie des images violentes, des menaces et essaie même de faire chanter ses victimes. Pire, d'après Espace Manager, au 50e jour, Momo leur donne des instructions afin qu'elles se suicident...

Et le phénomène prend de l'ampleur. A tel point que les polices espagnoles et mexicaines ont publié des infographies et des mises en garde sur leur compte Twitter. 




MOMO EST ARRIVÉ... 
Signalé dans les pays voisins (France, Allemagne), nous avons cherché à savoir si le phénomène était arrivé au Luxembourg. Nous avons donc contacté la police luxembourgeoise et les experts de Bee-Secure

M. Stolz, porte-parole de la police, nous l'a confirmé: "Le phénomène est arrivé au Luxembourg". Cependant, à sa connaissance, seul un cas a été signalé mais "aucune plainte n'a été déposée et il n'y a pas eu de blessé". 

Rappelons qu'une lectrice originaire d'Oberkorn nous avait contacté jeudi afin de nous signaler qu'elle avait contacté la police suite à la découverte de ce défi malsain par sa fille sur Youtube et par son fils via une tablette. 

Mais comme tout le monde ne porte pas nécessairement plainte, nous avons décidé d'approfondir nos recherches et nous avons contacté Bee-Secure. 

DEUX CAS EN JUILLET
De leur côté, ils ont recensé deux appels de jeunes gens liés au "Momo Challenge". C'était au milieu du mois de juillet 2018. 

Constat inquiétant: ils ont été en contact avec Momo mais pas nécessairement sur Whatsapp. D'après notre interlocuteur, le phénomène peut aussi se répandre via Facebook. 

Il est recommandé aux enfants et aux adolescents confrontés à ce genre de messages de ne pas répondre et surtout de ne pas le faire suivre à des amis "même si c'est pour rigoler"

En ce qui concerne les parents, il leur est rappelé qu'ils sont responsables du contenu que regardent leurs enfants et qu'il faut donc privilégier les systèmes de contrôles parentaux sur internet. 




Notre contact a également insisté sur le fait "que les parents doivent garder leur calme s'ils se rendent compte que leurs enfants sont entrés en contact avec ce genre de jeux malsains". 

"Il faut leur expliquer que cette pratique est dangereuse et que les personnes qui les manipulent n'existent pas vraiment". 

Bee-Secure fait partie d'un réseau européen en matière de contenu indésirable ou dangereux sur internet et travaille en étroite collaboration avec la police.

C'est donc un bon interlocuteur pour les jeunes qui seraient entrés en contact avec Momo ou pour les parents qui soupçonnent une interaction avec ce challenge. 

En réaction à notre article, la députée LSAP Taina Bofferding a profité de l'occasion pour poser plusieurs questions parlementaires aux ministres de l’Économie, de l’Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse ainsi qu'au ministre de la Justice concernant la véracité et l'authenticité de ce phénomène. L'existence du problème est bien arrivé au Luxembourg, sans grave conséquence pour le moment mais la députée voudrait connaître les mesures qui pourraient être mises en œuvre pour lutter contre ces messages.

Enfin, elle s'interroge sur le côté pénal d'une telle action et voudrait savoir si le Parquet a été saisi d'une enquête à ce sujet. Nous ne manquerons pas de vous faire part des réponses des ministres.