Banques et armes nucléaires

Le Luxembourg vertueux, la Belgique et la France retoquées

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Un rapport de l'association pour la paix PAX met en lumières les établissements bancaires investissant directement ou indirectement dans l'armement nucléaire. Si le Luxembourg est salué, la Belgique et la France sont moins vertueuses.

La rapport intitulé "Don't Bank on the Bomb" (également disponible ici) révèle que des banques du monde entier ont investi près de 450 milliards de dollars entre janvier 2013 et août 2016 dans l'industrie des armes nucléaires, et ce par le biais de prêts ou d'émissions d'actions et d'obligations.

Luxembourg

S'il n'est pas dans le "Hall of Fame" de cette année, le “Fonds de Compensation de la Sécurité Sociale, SICAV-FIS" fait partie des établissements jugés vertueux de l'étude puisqu'il a exclu des partenaires "en relation avec un programme d'armement nucléaire".

Le rapport note toutefois que le Fonds de Compensation traite avec des partenaires en lien avec des entreprises connectées à l'armement nucléaire.

Belgique

La banque belge concernée est la KCB. Si l'argent déboursé par KBC ne l'a pas été directement dans une entreprise d'armes nucléaires, la banque a investi durant ces trois dernières années quelque 117 millions de dollars dans le prestataire de services britannique Serco, qui détient deux tiers des parts de AWE-ML. Cette dernière est chargée de produire et maintenir l'arsenal nucléaire britannique.

Selon KBC, les politiques de durabilité de la banque mises à jour le 12 septembre dernier n'ont pas été prises en compte par le rapport de PAX. "Nous avons une politique stricte depuis 2004 déjà, et les règles concernant les armes ont encore été renforcées avec la nouvelle politique du 12 septembre, avec des conditions très restrictives et très explicites pour le crédit aux sociétés qui affichent une quelconque implication dans les armes nucléaires", explique Viviane Huybrecht. La porte-parole n'a toutefois pas pu confirmer l'arrêt du crédit octroyé à Serco, la communication de la banque sur des dossiers individuels n'étant pas permise.

En France, BNP Paribas et le Crédit Agricole sont pointés du doigt. Si la première exclut travailler avec des acteurs du nucléaire, cela n'implique pas les membres de l'OTAN. Quant à la Deutsche Bank et ING, ils ont investi respectivement 3,7 milliards et 457 millions de dollars dans cette industrie peu reluisante.

Le top des investisseurs est toutefois quasi-exclusivement américain (s'ajoutent le Royaume-Uni, la France et l'Inde). À l'opposé, les investisseurs les plus vertueux sont majoritairement néerlandais.