"Dans ce dossier, il y a des mineurs"

25 personnes jugées pour trafic de drogue à Charleroi

Belgique

Parmi les 25 prévenus, ils sont une dizaine à comparaître privés de liberté.

C’est en file indienne qu’ils arrivent dans la salle du tribunal correctionnel. Ce réseau de vente de cocaïne et d’héroïne était vraisemblablement dirigé par une femme. Elle a poussé plusieurs de ses propres enfants, dont certains mineurs, dans la vente de drogue à Charleroi.

"Il y a en effet des éléments qui accréditent la thèse selon laquelle mon client, qui a deux frères plus jeunes, a fait travailler ses deux frères", explique Marc Nève, avocat d’un prévenu. "Il est clair que dans ce dossier il y a des mineurs", ajoute Nadège Pouossi, avocate d’un autre prévenu. "Mais ces mineurs-là aujourd’hui sont plutôt partie civile que prévenus, parce qu’il faut savoir qu’ils ont été utilisés. Et la minorité présume qu’ils n’ont pas donné leur consentement".

Des toxicomanes impliqués dans le trafic

Certaines personnes, elles-mêmes toxicomanes, sont poursuivies dans le cadre de ce dossier d’ampleur. Elles ont été utilisées comme main d’œuvre dans le réseau, comme le relate Fabian Lauvaux, avocat d’un prévenu. "Ce sont des personnes vulnérables derrière qui on s’est caché. On a exploité leur détresse, leur vulnérabilité. On a utilisé leur véhicule, et on a parfois utilisé leurs habitations pour en faire des points de départ au trafic de stupéfiants". 

Des propos appuyés par l’avocate Nadège Pouossi. "Ils ont une assuétude à la cocaïne et ont besoin d’avoir ce produit-là. Ils n’ont toujours pas les moyens et à ce moment-là ils sont assez fragiles et fragilisés pour pouvoir entrer dans ce genre de réseau, juste parce qu’ils vont conduire quelqu’un, moyennant en contrepartie une boule de cocaïne. Donc ils y vont, et là ils sont devant le tribunal correctionnel".

Après une longue matinée d’interrogatoires, le procès continue cet après-midi.