Lutte antiterroriste

Faut-il donner plus de pouvoir aux bourgmestres ?

Belgique

Les bourgmestres pourraient bientôt avoir le pouvoir de fermer des lieux publics, s'ils les soupçonnent d'être en lien avec une activité terroriste.

La proposition vient de la commission terroriste du Parlement, mais ne fait pas encore consensus. Fermer un établissement qui présente un risque pour la population, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, l’avoue : après avoir récolté les informations du parquet, il n’a pas pris cette décision à la légère.

Hier, à l’hôtel de police, il rencontrait les membres d’une mosquée réputée pour ses prêches radicaux. "Lors de cette réunion, j’ai eu l’occasion de leur expliquer pourquoi j’avais pris cette décision. Il y avait d’abord un problème de sécurité dans le bâtiment, et une deuxième décision de fermeture pour faits liés au terrorisme", explique Willy Demeyer. Car en cas d’indice sérieux, les bourgmestres verraient leur pouvoir étendu en matière de contrôle de lieux dit suspect. Plus question de prétexter des manquements urbanistiques d’insalubrité.

Trop de responsabilités

"On est obligés de ne pas aborder la problématique de front, et si cette proposition de loi passe ça permettra en effet de faciliter la possibilité de fermer ces lieux" dit Denis Ducarme, un membre de la commission terrorisme à la chambre. Mais pour certains bourgmestres, ces dispositions leur donnent trop de responsabilités: "Je pense que c’est le parquet qui doit prendre cette décision, parce que c’est évidemment une décision très difficile à prendre, et qui expose les bourgmestres plus que de raison. Ce serait beaucoup mieux que le parquet endosse cette responsabilité, sur base de ses propres jugements", affirme le bourgmestre de Liège. Une idée que Denis Ducarme veut contrer : "Si le bourgmestre veut se faire encadrer par un soutien de son collège pour ne pas être seul dans cette démarche, il peut le faire, et on en discutera tout à l’heure en commission".

À Liège, si la mosquée reste fermée, d’autres rencontres avec ses membres et les autorités sont prévues dans les prochaines semaines, afin d’évaluer la situation.