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Patrimoine menacé par le terrorisme: plus de 75 M de dollars mobilisés

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François Hollande au musée du Louvre le 20 mars 2017
© AFP

Sept pays, parmi lesquels la France, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ainsi qu'un donateur privé ont promis lundi 75,5 millions de dollars pour la sauvegarde du patrimoine culturel menacé par la guerre et le terrorisme, principalement au Moyen-Orient, lors d'une conférence au Louvre.

Baptisée "Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit", l'initiative lancée par Paris, Abou Dhabi et l'Unesco entend réunir d'ici à 2019 100 millions de dollars, dont les trois quarts ont donc déjà été collectés.

Comparaison du temple de Bêl à Palmyre, le 14 mars 2014 et le 31 mars 2016 après la destruction du site par L'État islamique© AFP/Archives

Dans le détail, la France a confirmé qu'elle mobiliserait 30 millions de dollars pour le fonds, déjà promis lors d'une précédente conférence réunie à Abou Dhabi en décembre.

Les Émirats arabes unis ont annoncé une contribution de 15 millions, l'Arabie saoudite, de 20 millions, le Koweit, de 5 millions, le Luxembourg, de 3 millions et le Maroc, de 1,5 million.

Ruines du mausolée de Sidi Mahmoud, au cimetière de Tombouctou au Mali, après sa destruction par des jihadistes, le 29 janvier 2013© AFP/Archives

A ces contributions d’États s'ajoute celle du philanthrope américain Tom Kaplan, qui entend apporter un million de dollars.

La Suisse, pour sa part, s'est engagée à soutenir les structures opérationnelles de l'Alliance, soit un effort évalué à 8 millions de dollars.

Mais d'autres États ont promis de futures contributions ou d'apporter les compétences de leurs réseaux scientifiques ou diplomatiques: l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Chine, la Corée du Sud et le Mexique.

Vue le 29 janvier 2003 du front de falaise qui hébergeait autrefois un Bouddha de Bamiyan, en Afghanistan, détruit par les Talibans© AFP/Archives

L'idée de cette initiative était née deux ans plus tôt presque jour pour jour, lors d'une visite de François Hollande dans cette même salle du Louvre, la Cour Khorsabad consacrée à la civilisation assyrienne, où était organisée lundi la conférence de donateurs.

Il s'agissait alors de dénoncer les saccages de sites archéologiques par le groupe État islamique (EI) et le régime syrien. Mais au moment même où le chef de l'Etat français s'exprimait, un commando jihadiste prenait d'assaut le musée du Bardo à Tunis, faisant une vingtaine de morts.

En mars 2001, le saccage par les talibans des Bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, avait créé un premier électrochoc dans l'opinion internationale.

Depuis, l'EI, Al-Qaida et leurs affidés se sont acharnés sur les cités antiques de Palmyre, de Ninive ou d'Hatra, les mausolées de Tombouctou, le musée de Mossoul et bien d'autres sites encore.

"A Bamiyan, Mossoul, Palmyre, Tombouctou et ailleurs, les fanatiques ont fait du trafic, du pillage et de la destruction de l’héritage culturel le prolongement des persécutions contre les populations", a une nouvelle fois dénoncé François Hollande lundi au Louvre.