Alimentation

Des microplastiques retrouvés pour la première fois dans le corps humain

Bien-être
© JOHN MACDOUGALL / AFP

Une étude pilote conduite par l'Agence fédérale autrichienne de l'Environnement et l'université de médecine de Vienne a permis de découvrir la présence de microplastiques dans les selles humaines.

Au cours de cette étude, les chercheurs ont suivi huit individus, cinq femmes et trois hommes, tous âgés de 33 à 65 ans et vivant dans plusieurs pays (Finlande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Italie, Pologne, Russie, Japon et Autriche).

Pendant une semaine, ils ont tenu un journal de bord de leurs repas et fourni aux scientifiques un échantillon de leurs excréments. Ces derniers ont ensuite recherché les traces de familles de plastique très utilisées. Des microplastiques ont été retrouvés dans les échantillons des huit participants: "En moyenne, 20 particules de plastique dans dix grammes de selles".

Les plastiques PP (Polypropylène - bouteilles de jus de fruits, détergents...) et PET (Polyéthylene Terephthalate - sodas, bouteille d'eau...) sont les plastiques les plus fréquemment détectés. Des résidus du diamètre d'un cheveu pour les plus petits - soit environ 50 µm - à un demi-millimètre pour les plus gros.

UNE ÉTUDE PIONNIÈRE À CONFIRMER
Dans son rapport, l'université de médecine de Vienne rapporte que la majorité d'entre eux ont consommé des produits de la mer - où la présence de microplastiques est avérée - mais aussi de nourriture emballée dans du plastique et d'eau en bouteille (de type PET). Aucun des huit participants n'a suivi de régime végétarien durant sa semaine de test.

"En raison du faible nombre de participants, nous n'avons pas pu établir un lien crédible entre comportement alimentaire et exposition aux microplastiques" explique un des auteurs principaux de l'étude, Philipp Schwabl, de la Division de gastro-entérologie  de l'université de Vienne. "Les effets des particules de plastique retrouvées dans l'organisme humain - et en particulier dans le système digestif - ne peuvent qu'être étudiées dans une plus large enquête."

Les chercheurs notent que d'autres études ont montré que la concentration de microplastiques dans les corps d'animaux était localisée dans le système digestif, tandis que les résidus les plus petits avaient voyagé jusque dans le sang, la lymphe - un des nombreux liquides du corps - et le foie. 

Les microplastiques sont soupçonnées d'endommager le système digestif en causant des inflammations ou par l'absorption de substances nocives. "De prochaines études sont nécessaires pour confirmer le danger potentiel des microplastiques pour l'être humain" note encore Philipp Schwabl.