Témoignage

Une victime de violences conjugales se confie

"Ça commence par des phrases déplacées"

En France, la comédienne Muriel Robin lance un appel à manifester ce samedi contre les violences envers les femmes: "Sauvons celles qui sont encore vivantes"29 femmes sont mortes depuis le début de l'année en Belgique. En 2017, 39 femmes ainsi que 7 enfants avaient perdu la vie.

Pour répondre à l'appel lancé par Muriel Robin en France, l'Asbl belge Succès, qui vient en aide aux victimes, se mobilise. Un rassemblement a été organisé à Namur.

Sur place, Betty Batoul, présidente de l'Asbl Succès s'exprime, au micro de Benoît Ensen pour RTL Info. "La violence conjugale est quelque chose de très insidieux. Ça commence par de la violence psychologique, des phrases déplacées. Au départ, on se dit 'Allez c'est juste une fois comme ça, il n'était pas bien, il ne pensait pas ce qu'il disait'. Surtout que l'agresseur a tendance à minimiser ce qu'il a fait ou à s'excuser en disant que ça n'arrivera plus. Tout doucement, on rentre dans le piège jusqu'au moment où il se referme. Et là, c'est très difficile d'en sortir", indique-t-elle. 

Betty Batoul a, elle-même, été victime de violences conjugales. Elle veut désormais accompagner toutes ces femmes pour qui le chemin de la reconstruction semble long et semé d'embûches.

"Leur montrer que c'est possible"

"Je pense que c'est le fait d'avoir réussi à m'en sortir qui me pousse à aider ces autres femmes à s'en sortir aussi, leur montrer que c'est possible et qu'il y a une vie après. Je suis mariée depuis 25 ans avec un homme qui n'a jamais levé la main sur moi. Tous les hommes ne sont pas des salops. Mais pour ces femmes qui sont encore sous emprise, c'est très difficile de se dire qu'elles vont s'en sortir. Au sein de l'Asbl, ce sont les anciennes victimes qui les accompagnent. C'est important de s'appuyer sur cette expérience-là", explique Betty Batoul. 

La comédienne Muriel Robin avait appelé à ce rassemblement en France pour que les victimes de violences conjugales "ne meurent plus dans l'indifférence totale". Elle a également lancé une pétition en ligne intitulée "Sauvons celles qui sont encore vivantes", qui avait recueilli samedi à la mi-journée près de 471.000 signatures électroniques.