Letz Be Healthy

Reconnaître et se prémunir contre le burn-out

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Le burn-out ou syndrome d’épuisement psychique affecte de nombreux travailleurs.

Il se rencontre dans de nombreux secteurs d’activité professionnelle et à tout âge. Mirjana Vasiljevic, psychologue diplômée et responsable de la Stressberodung de la Chambre des salariés du Luxembourg, nous en dévoile les causes, les symptômes et surtout la prévention.

CAUSES

La surcharge de travail est l’un des facteurs importants dans le développement du burn-out. Mais elle n’est pas toujours la cause principale. D’autres facteurs peuvent en effet mener à l’épuisement professionnel, tels que: la peur de perdre son travail, le manque de confiance en soi, la diminution de l’estime de soi, le désir de montrer ses capacités et ses performances, le déficit de reconnaissance pour le travail accompli, des conflits entre collègues.

SYMPTÔMES

Le burn-out est un état d’épuisement physique, émotionnel et mental. Il s’accompagne d’une série de symptômes physiques et/ou psychologiques:

  • fatigue chronique,
  • douleurs: lombalgies, céphalées, migraines…,
  • problèmes digestifs: diarrhée, crampes d’estomac, constipation, nausées, vomissements,
  • perte ou gain de poids,
  • troubles de la concentration,
  • désinvestissement constant de l’activité professionnelle,
  • troubles du sommeil,
  • irritabilité,
  • pleurs,
  • baisse de confiance en soi,
  • anxiété,
  • désir de s’isoler,
  • idées suicidaires (dans les cas graves),…

EVITER LE STRESS CHRONIQUE


On ne sombre pas dans le burn-out du jour au lendemain. Ce processus est lent et sournois; il peut s’installer en quelques mois, voire en plusieurs années.

A force de vouloir bien faire, certains d’entre nous auront tendance à organiser leur vie en fonction des impératifs professionnels, quitte à délaisser peu à peu leur vie privée. Ils prendront un rythme effréné (disponibilité 24h/24, réponses aux mails en soirée ou le week-end…) sans forcément en avoir conscience. Au fil du temps, ils risquent de ne plus tenir compte de leurs limites, de perdre contact avec eux-mêmes et de fermer les yeux sur les signaux d’épuisement que leur renvoie leur corps.

Mirjana Vasiljevic met en garde: «En ignorant les premiers symptômes, d’autres vont apparaître. Ecoutez-les. Le stress est humain, il nous motive et nous booste pour réaliser une tâche. Mais ne soyez pas dans l’excès, le stress chronique est dangereux pour votre santé. Donnez le temps nécessaire à votre esprit pour se reposer. Il n’est pas souhaitable d’enchaîner les challenges qui demandent concentration et énergie. Votre qualité de vie s’en ressentira, et vous risquez un jour de perdre le contrôle et de sombrer dans le burn-out.»

Elle explique également que cet état d’épuisement total n’est pas amélioré durablement par le repos. Suspendu temporairement par l’éloignement du contexte professionnel, l’épuisement revient dès la reprise du travail dans les mêmes conditions. La personne ne sera donc plus capable de récupérer sur de courtes durées.

PREVENIR LE BURN-OUT

Pour ne pas sombrer dans la spirale infernale du burnout, mieux vaut apprendre à vous donner des limites et à garder une balance équilibrée entre votre vie privée et professionnelle. «Posez-vous la question de savoir si vous travaillez pour vivre ou si vous vivez pour travailler. Osez dire «non» à vos collègues ou à votre patron sans vous culpabiliser ensuite. Et ne soyez pas trop sévère envers vous-même, donnez-vous l’autorisation de vous accorder un moment de liberté et de prendre du temps pour vous.», conseille Mirjana Vasiljevic.

Gardez aussi à l’esprit que vous possédez des ressources internes qui vous aideront à prendre de la distance vis-à-vis du cadre professionnel. «Inutile de penser que vos collègues travaillent beaucoup aussi. Vous ne connaissez pas leur vie; ils mettent sans doute à profit leurs ressources internes. Nous sommes tous différents. Chacun doit donc chercher son propre équilibre et apprendre à prendre soin de lui. Personne n’est incapable d’utiliser ses propres ressources ou de s’en approprier des nouvelles. C’est un apprentissage à faire au quotidien.», souligne Mirjana Vasiljevic.

Selon elle, il est de la responsabilité de chacun de se poser la question et de savoir si sa situation actuelle a fortement changé par rapport aux années antérieures. Notons qu’il n’est pas toujours facile pour la personne qui souffre d’un burn-out de prendre conscience elle-même d’un changement de comportement (nervosité, irritabilité, insomnies, manque d’intérêt ou de concentration…). C’est souvent la famille ou l’entourage proche qui pourra le remarquer et amorcer la discussion.