Le petit coin de l'ouvreuse

Une fille et son robot

L'Ouvreuse
© RTL

Fraîchement revenue de vacances, l’ouvreuse a dû se couper en quatre pour rattraper les films qu’elle avait loupé en fin d’année. Et elle est tombée sur une surprise de taille!

Une des "franchises" du cinéma américain que l’ouvreuse déteste plus que les choux de Bruxelles et les poissons (elle est allergique aux poissons), ce sont les fameux "Transformers" que Michael Bay s’obstine à commettre plus ou moins bi-annuellement depuis 2007 et qui, en 2017, en étaient à leur numéro 5. Ces films, dont chaque épisode a rapporté une multitude de sesterces (sinon il n’y aurait pas eu autant de séquelles), sont la définition même de tout ce qui fait chier l’ouvreuse au cinéma, puisqu’elle ne déteste rien de plus que la répétition ad infinitum ou ad nauseam d’une formule qui a été totalement vide d’imagination depuis le premier film, mais qui se perpétue parce que les lemmings vont les voir et revoir et revoir. "Et cetera, et cetera, et cetera" comme dirait Yul Brynner à Deborah Kerr.

© 2019 Paramount Pictures
Ce ne fut donc pas avec grand enthousiasme que Marie-Amandine s’est laissée entraîner à la vision du sixième volet de la saga "Transformers", au titre peu prometteur de BUMBLEBEE (bourdon en français). Mais, première surprise… et de taille… le film n’a pas été réalisé/massacré par Michael Bay (hourra!), qui n’en est qu’un des producteurs. C’est un monsieur appelé Travis Knight qui a signé la mise en scène de "BumbleBee". Si son nom ne vous dit rien, sachez que c’est lui qui avait été nommé pour l’Oscar du meilleur film d’animation pour le très beau "Kubo and the Two Strings", son premier long-métrage.  Deuxième surprise, c’est un "prequel" et non un "sequel", ce qui veut dire que l’on nous transporte en 1987, à un moment, où l’attaque de la planète Terre par les Decepticons n’a pas encore commencé. Plutôt que l’histoire de gros robots qui se battent sans merci pendant deux heures interminables, "BumbleBee" nous fait rencontrer une jeune fille, Charlie (jouée par Hailee Steinfeld, que vous connaissez depuis "True Grit" version Coen), qui – à la veille de son 18ième anniversaire – espère que sa mère et son beau-père vont lui offrir une voiture. Hélas, il n’en est rien et Charlie, qui n’a pas digéré la mort prématurée de son père, n’en est que plus déçue et morose. Dans un cimetière de voitures, elle découvre une Volkswagen Coccinelle aussi jaune que cabossée, dont le propriétaire du parc à ferraille lui fait cadeau – parce que c’est son anniversaire. Mais vous vous en doutez, la Coccinelle n’est ni une coccinelle normale ni Herbie, c’est un Autobot qui s’est réfugié sur Terre pour échapper aux Decepticons, les robots-tyrans quoi ont instauré un régime de terreur sur la planète Cybertron… et qui – hélas pour nous autres – sont en train de préparer une invasion de notre vieux monde. Autant vous dire que notre jeune et belle Charlie va en voir des vertes et des pas mûres quand elle comprendra que "sa" Coccinelle est, en fait, un robot de combat grièvement blessé, qui a perdu la parole. L’arrivée de deux Decepticons envoyés à sa recherche ne va pas arranger les choses…

© 2019 Paramount Pictures
Quel bonheur que les producteurs aient permis à Travis Knight et à sa scénariste Christina Hodson de casser le moule de la saga pour revenir à ses origines et concocter un film qui – à part les robots – n’a strictement rien à voir avec les monstruosités de l’overkill précédentes. Pour trouver des similarités avec d’autres films du passé, l’ouvreuse a pensé à « Short Circuit » de John Badham, à « E.T., the Extra-terrestrial » de Steven Spielberg, à « The Iron Giant » de Brad Bird et au tout récent « Pete’s Dragon » de David Lowery, autant de films qui ont célébré le cinéma, l’imagination et les belles histoires, plutôt que de se vautrer dans des orgies d’effets spéciaux sans âme. Marie-Amandine sait aussi que ce genre de films, où les sentiments jouent un certain rôle, ne plaît guère aux critiques qui se disent "sérieux", mais honnêtement, elle s’en fout royalement de ceux pour qui toute forme de divertissement est suspect. On peut parfaitement tomber en béatitude devant une œuvre complexe comme "The Favourite" (l’ouvreuse a énormément adoré l’humour noir du film de Yorgos Lanthimos), tout en appréciant l’effort d’un cinéaste comme Travis Knight qui sort une franchise moribonde comme "Transformers" de leur mouise. Voilà… et comme cadeau pour la nouvelle année, l’ouvreuse vous offre une vidéo de l’American Society of Cinematographers célébrant – justement – une série de films qui ont osé "casser le moule".

Marie-Amandine
Coccinelle chérie