Le petit coin de l'ouvreuse

Le grand bloub

L'ouvreuse ne s'en cache pas, elle s'intéresse - malgré elle - à tout, même aux super-productions hollywoodiennes mettant en scène leurs plus fameux héros. Cette fois, elle s'est plongée dans le grand bain d'Aquaman.

Lorsqu’un chauffeur d’autobus part en vacances et doit - malgré lui - conduire un bus au cours de ses congés, les Anglais parlent d’un « busman’s holiday ». Au moment où vous lisez ce billet doux aquatique, l’ouvreuse roule ses deux bosses au Chili, en Argentine et prochainement au Brésil. Elle n’avait pas prévu de voir un seul film au cours de ses deux semaines de vacances bien méritées, mais lorsqu’elle se retrouvait en face du Cineplanet dans un énorme centre commercial à Santiago du Chili, ses mirettes sont tombées sur l’affiche du film AQUAMAN de James Wan, avec la mention « version originale sous-titrée ». Et paf ! Toutes ses bonnes intentions furent oubliées illico-presto et Madame se rua comme une furie sur la caissière pour lui subtiliser deux billets d’entrée (oui, Madame était accompagnée de sa meilleure moitié) au prix faramineux de 16.000 pesos chiliens. Traduit en euros, cela donne à peu près 20 euros, toutes taxes comprises, pour deux billets.

© Impression écran Aquaman
L’ouvreuse ne parle guère l’espagnol, mais elle crut comprendre que la caissière demandait quelque chose comme « voulez-vous vraiment dépenser 16.000 pesos pour voir un film à midi 50 ? » Ben oui, elle voulait. On dirigeait donc votre vendeuse de popcorn plénipotentiaire première en rang en direction de la Sala Uno du Cineplanet, où Madame comprenait rapidement pourquoi on lui subtilisait 20 euros pour deux billets de cinéma… (ce qui au Chili équivaut pratiquement à un crime de lèse-majesté). La salle était premium, ce qui veut dire qu’on nous installait sur quelque chose qui ressemblait à un énorme sofa en cuir pour deux personnes lequel, si on tirait sur un petit levier, se transforma pratiquement en lit, puisqu’on était au trois quarts couchés pour se taper AQUAMAN, sur écran géant, projection laser Dolbyvision et son adéquat… c’est-à-dire apocalyptique de bout en bout. Et croyez bien votre mère-ouvreuse, ces 16.000 pesos étaient bien investis, d’autant plus que les Chiliens qui dépensent 10 euros par tête de pipe sont des gens civilisés qui NE FONT PAS les zouaves au cinéma. Faudrait expliquer cela aux zigotos qui font les cons au Kirchberg comme si le film était le dernier de leurs soucis. Donc, félicitations au cinéphiles chiliens, l’ouvreuse vous adore.

© Impression écran Aquaman
Alors, cet AQUAMAN, ça donne quoi. Comme vous savez, l’ouvreuse est de celles qui commencent à avoir leur claque de tous ces super-héros américains (non, pas SUPERJHEMP quand-même, restons chauvins) qui continueront d’inonder nos écrans jusqu’à la Saint-Glinglin. Mais ayant vu une bande-annonce tout à fait débile quelques jours plus tôt, Madame se disait qu’il fallait plonger tête première dans cet océan de mauvais goût et déguster cet amas de chromos technicolorisés en anglais avec sous-titres espagnols. Et croyez-le ou non, Madame s’est régalée pendant plus de deux heures d’un scénario tellement débile qu’il en devenait presque génial. Jason Momoa, qui joue AQUAMAN est une véritable armoire à glace et le sérieux avec lequel il plonge dans ce rôle totalement dingue vaut le détour. Enfant d’un père humain et d’une maman genre Arielle, donc fruit d’une passion défendue, il apprend qu’il serait l’héritier légitime d’un gigantesque royaume sous-marin. Mais pour conquérir le throne, il devra partir en guerre contre un demi-frère franchement salopard qui commande une pléthore de créatures sous-marines, une plus féroce que l’autre. Quant à notre AQUAMAN. Chéri, il devra d’abord prouver qu’il est le digne successeur du throne  subaquatique et qu’il lui faudra trouver des alliés pour combattre son frère ennemi et ses troupes. Et comme ce frère veut également détruire le monde des humains par tsunamis interposés, autant vous dire que AQUAMAN devra faire énormément d’efforts sur terre et sous mer pour sauver l’humanité.

À moins d’être complètement allergique aux effets spéciaux numériques, l’ouvreuse vous recommande ce spectacle totalement dingue à voir de préférence en version Atmos chez vous. Ce n’est pas ce qu’on appelle un bon film, mais c’est tout simplement un divertissement magique qui utilise tous les trucs qui existent pour le bon magicien de cinéma populaire qu’est le réalisateur James Wan. Et écoutez bien la voix du gros monstre sous-marin Karathen qui apparaît dans le dernier tiers du film. Si cette voix vous rappelle Mary Poppins ou Maria von Trapp, vous avez gagné le frigidaire en bronze, puisque c’est nulle autre que Julie Andrews qui a donné sa voix à la bête. Bloub !

Marie-Amandine
en direct depuis Buenos Aires

© Impression écran Aquaman