Le petit coin de l'ouvreuse

La fin du meilleur ?

L'Ouvreuse

L'ouvreuse et l'Ariston, c'est une longue histoire. Suffisamment pour que Marie-Amandine se penche de plus près sur le cas du cinéma d'Esch-sur-Alzette.

L’internet nous dit que le prénom "Ariston" est dérivé de l’ancien mot grec "Aristos", que l’on peut traduire par "le meilleur". En creusant un peu sur l’étymologie du nom, on trouve, toujours sur internet, que "sans aucun doute, “Ariston” possède du charisme. C'est un séducteur qui a confiance en lui. Il fait montre d'aisance et d'habileté, a horreur du définitif et a un goût prononcé pour les contacts et les négociations ; c'est souvent un beau parleur. Rapide, souvent pressé, ses réactions sont imprévisibles. Sa forte émotivité, sa grande nervosité et son caractère passionné le font passer tour à tour par des sentiments extrêmes : ferveur ou exaltation, coups de tête ou crises de colère... qu'il sait parfaitement maîtriser lorsqu'il le veut."

Venons-en maintenant au nouveau (ou plutôt récent) maire d’Esch-sur-Alzette, dont l’ouvreuse tient à préciser que l’homme ne lui fait mischo ni froid. Ce monsieur semble développer des tendances trumpiennes de plus en plus prononcées, au fur à mesure qu’il s’installe dans son quinquennat. Non, l’ouvreuse ne veut pas dire qu’il arbore une perruque orange (même si la couleur sied très bien à son parti) ou qu’il raconte des bobards du matin au soir. L’obsession principale du butor américain est celle de vouloir absolument tout détruire de ce que son prédécesseur un tantinet plus charismatique avait mis en place. En d’autres termes, tout ce que Madame le (la) Maire et le conseil communal de la ville d’Esch-sur-Alzette avaient entamé avant de se prendre une sacrée claque lors des dernières élections, doit être ratiboisé, lyophilisé, dynamité, atomisé.

Jusqu’à maintenant, le nouveau conseil communal n’a pas réussi à complètement anéantir le projet "Esch 2022", même si on n’est pas vraiment sorti de l’auberge, soit dit en passant. Ce qui nous ramène à notre copain grec Aristos. L’ancien conseil communal avait projeté de racheter le bâtiment du Ciné Ariston, situé dans le quartier du Brill à Esch (que l’on voulait revaloriser) pour en faire une sorte de centre culturel (avec ciné) en plein centre-ville, non loin du théâtre municipal et du musée de la Résistance. Lundi dernier, le couperet et la guillotine sont tombés quand le conseil communal et son maire très chrétien ont informé les propriétaires très catholiques de l’Ariston que le bâtiment (juste en face de l’église) ne serait pas racheté par la commune. La raison annoncée étant que les services communaux avaient estimé que – outre le prix d’achat de 2.5 millions d’euros – la restauration complète du bâtiment reviendrait à quelques 5 millions et qu’il fallait compter entre 700.000 et 1 million d’euros juste pour refaire la salle de cinéma. Évidemment, si on veut construire un Utopolis en pleine ville, 8 millions ne sont pas trop. Il est vrai qu’il faudrait rafraîchir le cinéma et surtout refaire ses toilettes, mais l’ouvreuse et tous les gens qui se sont prononcés pour une sauvegarde de l’Ariston croient plutôt en la mauvaise volonté des acteurs de ce mélodrame peu ragoûtant. Si Don Camillo et Peppone sont pratiquement la même personne, ça ne peut aboutir à rien de bon. (Note de l’ouvreuse : La dernière phrase ne veut rien dire, mais avouez qu’elle est belle.)

Donc, plutôt que de profiter de l’occasion et d’avoir une salle de cinéma et de spectacles multivalente fin prête pour 2022 (il reste 3 ans), afin d’y accueillir toutes sortes de manifestations lors de l’année culturelle, on passe l’éponge et on condamne le dernier cinéma de la ville d’Esch-sur-Alzette à être réduit en poussière. Si jamais les responsables de "Esch 2022" avaient la mauvaise idée d’intégrer le cinéma dans leurs démarches culturelles, ce n’est pas au Kinepolis à Belval qu’ils trouveront leur bonheur. Mais bon, d’un autre côté, le cinéma, ce n’est pas vraiment de la culture, n’est-ce pas ? Si besoin était, le Georges d’Esch pourrait toujours se rabattre sur le nouveau cinéma à Kahler, un village minuscule à 20 minutes en bagnole d’Esch-Alzette, dont le maire de la commune de Garnich (tiens, un autre Georges) a mis les petits plats dans les grands en offrant un sacré Kinoler à ses ouailles. Don Camillo serait content.

Marie-Amandine
Ancienne ouvreuse à l’Ariston