Le petit coin de l’ouvreuse

Femme entre chienne et louve

L'Ouvreuse

L’ouvreuse retörns ! En voilà une nouvelle que ses nombreux fans ne croyaient plus jamais lire.

En effet, en plein Festival de Cannes 2016, Marie-Amandine Patapouf reçut un coup de tisonnier en pleine poire en voyant son billet doux censuré par le futur ex-journal satirique luxembourgeois pour lequel elle écrivait à l’époque – depuis plus de 5 ans. Et pourtant, elle avait juste affirmé qu’elle n’avait rien contre les jolies dames en petite tenue servant du crémant sur la banquise. Puisqu’on ne censure pas impunément une ouvreuse plénipotentiaire première en rang, Marie-Amandine a jeté l’éponge, rongé son frein et rangé son Mac. D’un jour à l’autre, le pays entier se retrouvait orphelin de la plus sexy des arracheuses de billets et vendeuses de popcorn this side of the Musel.

Mais au hasard d’une rencontre conspirative dans les halles sacrosaintes de RTHell, un des manitous de nos ondes nationulles a eu l’idée surprenante d’inviter l’ouvreuse à venir cracher son venin en ligne une fois par semaine, le vendredi, dans les colonnes de 5 minutes, chers lulus. Dès vendredi, il faudra donc attacher vos ceintures et essayer de ne pas arracher le peu de cheveux qui vous restent, parce que, comme disait Bette Davis dans "All about Eve", it’s gonna be a bumpy ride ! Avant de lancer les festivités, il fallait néanmoins que Marie-Amandine se présente à tous ceux et celles qui (un comble !) n’auraient jamais entendu parler d’elle, ni digéré un de ses papiers en grommelant des grossièretés.

Elle s’appelle vraiment Marie-Amandine, mais Patapouf est un nom d’emprunt pour protéger les coupables. Elle a vraiment été ouvreuse de 1982 jusqu'au moment, où ses cinémas ont été fourgués aux Flamands pas roses. Elle a la faculté d’insulter le petit monde de Don Camomillo en quatre langues et demie, elle adore le franc-parler, les jeux de mots, les vannes, les conneries en tous genres et les pires vacheries qu’on puisse dégoter sur une feuille de papier blanche. Le politiquement correct n’est ni sa tasse de thé, ni sa bouteille de bière, même si les me too de ce monde sont responsables du fait que son décolleté et ses jarretières ont disparu de la petite caricature illustrant désormais son petit coin hebdromadaire. Ça me rappelle d’ailleurs le connard qui - sur une vitrine de l’expo "Superjhemp" à la Bonne Étoile - avait rayé le mot "Gluf" pour le remplacer par "Gulf" - le mec avait tout compris !

Marie-Amandine Patapouf, qui a la fâcheuse habitude de parler d’elle à la troisième personne, compte parmi ses admirateurs et admirateuses une Grande-Duchesse qu’elle avait jadis appelée "Tiger Lili" (Madame avait adoré), un Avant-Premier du nom de Bretelle, un scribouillard "Heckefransous" nommé Fraude Grisoni, un barde médiéval dénommé Tonnar de Bresse, un entrepreneur de pompes funèbres qui estime que Jean Terre est une appellation adéquate pour ce genre de boulot, un jojo journaliste qui se fait appeler Stulpenstein Balknagel (sans blague) et plein d’autres zigotos et zigotines qui hantent régulièrement les réseaux sociaux ou les commentaires sur RTHell. Nul besoin de préciser que l’ouvreuse n’aime pas la couleur brune sous toutes ses coutures et qu’elle s’érige souvent en égérie contre toutes formes de racisme et de nationalisme malsains qui – malheureusement – ont tendance à fuser de partout, oui, oui, même au Petit-Duché si paisible de Luxebourg. Cela veut donc dire que vous n’aurez pas droit à un "Zoppenthéid" version Molière, mais à un petit brin de femme qui clame toujours tout haut ce que les autres ont peur de penser tout bas. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais c’est bien ce qui rend l’aventure si intéressante.

Donc, dès vendredi, vous serez aux premières loges pour la prose de celle qui estime que ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. Marie-Amandine vous causera de tout et de rien, elle aura des coups de gueule et des coups de cœur, elle parlera de cinéma et de Netflix, de conneries et de niaiseries et parfois, elle vous jouera de sales tours. Ses billets pas toujours très doux vous parviendront souvent depuis le sud du pays (le tiers monde, quoi), mais aussi depuis la pampa argentine ou Copacabana Bitch. Vous voilà prévenu(e)s. Et bien le bonjour chez vous !

Marie-Amandine
Peau de vache